Les Gilets jaunes réclament-ils une réduction de la pression fiscale ou une augmentation des aides publiques ?

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Alors que l’OCDE publie sa dernière étude, qui place la France tout en haut de l’échelle fiscale mondiale, nous pensions que le Président de la République allait procéder aux réformes promises (et nécessaires), mais soudain rien n’est moins sûr.

Le tout dernier rapport de l’OCDE place désormais la France devant le Danemark, avec un taux de prélèvement de 46,2% (contre 46% pour le Danemark et 34,2% pour la moyenne des 36 pays membres de l’OCDE) et surtout ce taux a augmenté de 0,7% entre 2016 et 2017. La fiscalité a ceci de commun avec les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, de tout le temps augmenter.

Or, même avec 46,2% de prélèvements par rapport au PIB, les finances publiques françaises sont loin de couvrir les dépenses, qui atteignent le record de 56% du PIB. Le drame de cette situation, quasi unique au monde, se résume en une impasse physique, puisque toute baisse de la fiscalité entraînerait une aggravation du déficit et donc une augmentation de la dette.

Et il semble bien que le mouvement des gilets jaunes, par sa violence et son imprévisibilité, est parvenu à déstabiliser l’exécutif.

La révolte des gilets jaunes est-elle une révolte fiscale ? Une révolte de la misère ou un mouvement populaire contre les « inégalités » ? C’est toute la question, et il est bien difficile d’y répondre compte tenu de l’imbrication des revenus individuels et de la redistribution. Ce taux unique de 56% de dépenses publiques fait de l’Etat et des organismes sociaux à la fois l’ogre qui spolie et la main qui nourrit. Dès lors, le gouvernement doit-il réduire la fiscalité et donc la redistribution ou doit-il poursuivre la redistribution et augmenter encore et toujours les prélèvements ?

Pour répondre à cette question, il faut prendre en compte l’efficacité économique : les agents de production ne produisent que s’ils peuvent conserver pour eux-mêmes une part significative des revenus qu’ils génèrent. Comme le disait l’économiste Léon Walras « les hauts taux tuent les totaux ». Surtout, le Chef de l’Etat ne peut pas remettre en question une politique destinée à attirer les investisseurs et motiver les créations d’entreprise ; revenir en arrière le ramènerait à son prédécesseur, qui avait tant de mal à prendre une décision et s’y tenir.

Reste ce taux inouï de 56% de dépenses publiques dans le PIB. Pour en sortir, il n’existe qu’une seule voie : réduire la fiscalité des plus bas salaires, ce qui créera un effet revenu et donc une sorte de relance keynésienne et, dans le même temps, réduire des prestations (moins sensibles que l’argent qui tombe sur le compte en banque chaque mois).  Il est également indispensable de maintenir la suppression de l’ISF, parce que si nous voulons produire des richesses, les entrepreneurs doivent entreprendre et les investisseurs investir, et parce que la fiscalité française doit vaincre cette maladie qui l’affecte depuis tant d’années : l’instabilité.

1 COMMENTAIRE

  1. Enfin une analyse pertinente ! Voici le genre d’articles que je veux lire dans le Figaro dont je me suis désabonné depuis la dérive people des années Sarko.

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