Les arrestations ciblées, nouvelle arme des Etats dans la compétition mondiale

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Les méthodes favorites du roi Philippe le Bel semblent faire un retour gagnant sur la scène internationale. On se souvient de la façon dont il a traité les chevaliers du Temple, en les faisant enfermer, puis bruler, ou les banquiers Lombards auxquels il devait de fortes sommes, et qu’il a expulsés.

Désormais, ce sont les Présidents ou top-exécutives de grands groupes, qui se font cueillir dans les aéroports à l’atterrissage de leur jet, ou lors d’un transit.

Meng Wanzhou, la vice-présidente de Huawei, par ailleurs fille du fondateur et CEO, vient ainsi de se faire arrêter par la justice canadienne à la demande des Etats-Unis pour non-respect de l’embargo iranien et elle se trouve actuellement dans l’attente du traitement de sa demande d’extradition. Ce qui signifie que, non seulement la justice américaine cible les entreprises, qui font du commerce avec l’Iran, mais qu’elle est décidée à s’emparer des personnes qui exercent de hautes fonctions dans ces entreprises, quels que soit leur rang et leur proximité avec les autorités politiques du pays d’origine.

Cette méthode n’est pas sans rappeler le comportement de la justice japonaise vis-à-vis de Carlos Ghosn, qui a été placé en forteresse pour une durée indéterminée sans charges précises (exactement comme sous Philippe le Bel).

Mais le ciblage de personnalités ne se limite pas aux CEOs. Ainsi, John Bolton le conseiller américain à la sécurité a publiquement menacé les juges de la Cour pénale internationale d’un mandat d’arrêt international, s’il leur venait l’idée de mettre en cause un militaire américain ou israélien.

Un tel comportement révèle une intensification de la violence dans les relations entre Etats, et d’une façon générale entre pouvoirs antagonistes. Aux Etats-Unis, la tension entre les grands partis a ainsi intégré les menaces d’incarcération des leaders et des candidats du camp opposé : « lock her » up scandent les Républicains à propos d’Hilary Clinton et les Démocrates leur répondent « russian collusion » avec la nomination d’un juge dont la première décision a consisté à coffrer les principales personnalités actives dans l’entourage du Président Donald Trump.

Nous en sommes là, désormais quand vous voyagez, si vous exercez une fonction exécutive, vous risquez de vous faire arraisonner lors du passage en douane et votre gouvernement ne pourra pas dire grand-chose parce que c’est la justice d’un autre pays, qui vous aura pris la décision de vous retirer de la circulation.

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