Am I a S.O.B if I drive a Porsche ?

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BMX X5, Audi Q7 & Q8, Porsche Cayenne, Mercedes GLA… Quand on voit le nombre de pères de famille qui se déplacent dans des SUV de 2 tonnes, juste parce qu’ils en ont les moyens et qu’ils veulent le montrer, on est surpris. On peut même être passablement courroucé.

Comment le principe de plaisir et le désir d’exposer son statut social peuvent-ils à ce point prendre le pas sur le devenir de leurs enfants ? Comment ces personnes, qui ne sont pas des monstres par destination, peuvent-ils ignorer la crise climatique, et comment parviennent-ils à ne pas culpabiliser à chaque fois qu’ils pénètrent dans leur char ou qu’ils passent à la pompe ?

Pour ceux qui ont une conscience aigue des enjeux du réchauffement, un tel comportement dépasse le simple étonnement. Nous sommes tous également informés, nous avons tous vécu le même été et le même automne et nous constatons tous à quel point ce mois de décembre est d’une douceur plus que suspecte. Alors, constater qu’un certain nombre d’entre nous continuent à consommer des produits extrêmement émetteurs de CO2 pour le seul plaisir ne passe pas.

Ce comportement, parce qu’il est banal et quotidien, inspire trois interrogations :

  • Les individus sont-ils mus par l’égoïsme, quelles que puissent être les conséquences pour leurs propres descendants ? Font-ils une distinction entre leur comportement individuel et le résultat global (Von Mises disait que les phénomènes sociaux étaient les conséquences non désirées d’actions volontaires) ?
  • L’absence de réaction violente (par exemple rayer ces véhicules) est-il transitoire ? Après tout, des groupes vegans violents s’en prennent à des boucheries, voire à des fromageries, alors que le sort des animaux d’élevage, pour respectable qu’il soit, est très loin d’avoir les mêmes conséquences sur la vie que le changement climatique.
  • Allons-nous assister à un conflit entre deux générations ; la seconde génération du baby-boom, encore attachée à la société de consommation, et les millenaries très engagés dans la protection de l’environnement ?

Plus les années passent et plus le principe de jouissance va se retrouver en opposition avec la prise de conscience de l’impact collectif de l’exercice de ce plaisir. Deux types de personnalités risquent de s’affronter : ceux qui veulent poursuivre la consommation et ceux qui veulent la stopper. Et cela ne concerne pas que l’automobile, il impactera le tourisme de masse, l’utilisation de l’espace, le foncier, le black Fridays et autres boxing days. On peut espérer que la violence restera en dehors de cette opposition, mais on peut aussi penser que ce ne sera pas le cas.

Nous vivons probablement les dernières années de cette cohabitation.

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