Les Obligations publiques américaines ne trouvent plus preneur

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Les chiffres publiés par le Département du Trésor américain pour le mois d’octobre montrent une désaffection des investisseurs étrangers pour la dette publique américaine ; le Trésor US n’a ainsi pu placer que $1,72 milliards d’obligations (pour $779 milliards de déficit).

Les acheteurs chinois sont désormais vendeurs nets de bons du trésor américain, avec une baisse en valeur de 12,5 milliards de Dollars. La cause de cette désaffection ne semble pas due à la guerre commerciale que se livrent les deux superpuissances, mais à une nécessité pour le gouvernement chinois de soutenir sa propre currency le Renminbi. Mais, les Chinois ne sont désormais plus les seuls à se séparer de leurs obligations publiques états-uniennes, la Russie et le Japon sont également vendeurs nets. Pour le mois de septembre, les titulaires étrangers d’actifs publics américains se sont ainsi séparés de plus de $11,5 milliards d’obligations publiques.

Cette difficulté des Etats-Unis à placer (à refourguer) leurs bons du trésor est d’autant plus inquiétante que les étrangers avaient financé 50% du déficit américain pour la période 1990-2012 ; or ils ne représentent plus que 2% des acquéreurs depuis 2013. Et la réforme fiscale du Président Donald Trump a d’ores-et-déjà augmenté le déficit du budget fédéral de 17% par rapport à 2017, soit un déficit attendu de $779 milliards. Selon le Département du Trésor, ce montant atteindra $981 milliards en 2019 et il dépassera $1.000 milliards en 2020.

S’il n’y a personne en face pour acheter de la dette américaine, le gouvernement fédéral risque de se retrouver dans l’impossibilité de financer son budget et de devoir finalement choisir entre le financement de l’opérationnel et le service de la dette, ce qui rabaisserait les obligations américaines au statut de junk bonds.

La France pourrait également inquiéter les investisseurs. Les décisions prises par le Président de la République, suite à la révolte des gilets jaunes, devraient hisser le déficit public à 3,2% du PIB (soit 24% du budget de l’Etat), au lieu des 2,8% initialement prévus.

Nous approchons-nous du moment d’effondrement des finances publiques mondiales que prédisent un nombre croissant d’économistes ? C’est toute la question. Le financement des déficits de presque tous les pays développés suppose une production permanente de superfluités, cherchant à se placer. Or, ces excédents se réduisent d’années en années, alors que les dettes continuent d’augmenter. Il en résulte un effet de ciseau qui devrait aboutir à court terme à une rupture nette de financement. C’est l’autre pic de Hubbert des grands déséquilibres mondiaux.

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