Suicide par la jouissance

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En 2018, les émissions de CO2 américaines ont crû de 3,47% par rapport à 2017, la plus forte hausse enregistrée depuis 2010. Cette annonce, publiée par le cabinet de recherche Rhodium Group, s’ajoute à d’autres informations diffusées cette même semaine et qui concernent le réchauffement des océans ou la chute dramatique de la biodiversité en France. Et depuis 2014, il ne se passe plus une semaine sans qu’une nouvelle alarmante ne soit relayée par la presse internationale.

Et pourtant, dans le même temps, les SUV, les 4X4 et pick-ups ne sont jamais aussi bien vendus et les Européens, les Américains et les Asiatiques continuent de privilégier les destinations lointaines pour leurs vacances de fin d’année. Chacun de nous a pu le constater sur sa page Facebook, nos amis publient des photos de leurs fêtes passées au Viet Nam, en Thaïlande, au Brésil ou en Nouvelle Zélande. Et l’association des transporteurs aériens a prévu un doublement du trafic dans les 17 prochaines années pour répondre à la demande. 

Nous sommes tous informés de la réalité du réchauffement et nous sommes tous conscients de ses conséquences, mais nous continuons à étancher notre soif de consommation, simplement pour le plaisir.

Le plaisir l’emporte ainsi sur la préservation de l’avenir, et d’un avenir immédiat puisque nous parlons d’une ou deux décennies avant que la triple catastrophe – réchauffement, fin des énergies fossiles et démographie – n’ait un impact majeur sur nos vies quotidiennes.

Comment analyser un tel comportement ? L’humanité est-elle un Titanic, dont le capitaine déciderait volontairement de percuter l’iceberg, sous les flonflons de l’orchestre et les vivats des passagers ?

La consommation est-elle une addiction, comparable au tabac, dont nous savons les conséquences et continuons pourtant de fumer, simplement parce que cela produit un plaisir immédiat ?

Ou alors, conscients de devoir remettre en cause tout notre mode de vie, préférons nous jouir un dernier instant, comme la Du Barry montant sur l’échafaud et disant « encore un instant monsieur le bourreau » ?

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