François, fossoyeur du Catholicisme ?

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S’il est un évènement majeur de ce début du XXIème siècle, c’est bien l’effondrement du Catholicisme partout dans le monde. En France, bien sûr, où il n’est plus possible de recruter des prêtres ni d’assurer l’office dominical dans de nombreuses paroisses, mais également et surtout dans les pays d’Europe du sud, Italie, Espagne, Portugal et même en Amérique latine, qui fut longtemps un bastion de la religion romaine, et où les protestants évangélistes sont en train de progresser très rapidement, représentant jusqu’à un tiers de la population dans certains Etats.

Quelles sont les raisons de cette désaffection ? Peut-on en identifier les causes dans les scandales sexuels, qui touchent une partie très importante de la hiérarchie cléricale, soit que les dignitaires aient eux-mêmes commis des crimes sexuels sur de petits garçons (tel le cardinal Pell ancien primat d’Australie condamné à huit ans de prison pour viol), soit qu’ils les aient couverts, comme le cardinal Barbarin ? Ou doit-on considérer que le peuple aurait tout simplement cessé de croire dans un dogme catholique, qui comprend trop de concepts absurdes ou inexplicables ? Peut-on encore justifier que l’hostie se transforme physiquement en chair du Christ et le vin en son sang (Paul VI a rappelé le caractère physique de la transsubstantiation) ou qu’un milliard d’Hindous, parce qu’ils n’ont pas eu la chance d’être baptisés selon le rite catholique, iront directement en enfer après leur mort ? Qui peut encore croire au purgatoire ou à la bienfaisance d’un dieu qui aurait créé la prédation et le cancer de l’enfant ?

La grande différence entre l’Islam et la religion catholique est que l’Islam ne porte pas avec lui d’explication magique du monde. Point de Genèse, ni de résurrection, ni de transsubstantiation, et encore moins de Trinité, dont personne ne comprend exactement la signification. L’Islam est avant tout un ordre politique, en même temps qu’un guide pour la vie quotidienne et civile.

Lorsque nous posons la question du pape François comme un éventuel fossoyeur du Catholicisme, nous n’insinuons pas qu’il ait une quelconque responsabilité dans le déclin de la pratique ni de la foi. Nous prenons le mot au sens qui est le sien, celui qui enterre le corps un fois la personne décédée. Et nul ne pourrait contester que le pape actuel ne parle jamais du dogme catholique : aucun mot sur la résurrection du Christ, ni sur l’enfer, l’exorcisme ou l’apocalypse. Le pape, lui-même, aurait-il cessé de croire à des concepts anachroniques et insensés, qu’il se limite à parler de migrants et de causes habituellement défendues par des partis de gauche, quel que soit le pays ?

Parce que le pape François semble avoir décidé de transformer l’Eglise romaine en une grande ONG mondiale, dont le positionnement rappelle la théologie de la libération, si présente dans l’Amérique latine des années 1970. Il en fait, non seulement une sorte d’ONG, mais une organisation politique, qui porte une idéologie qui est visiblement la sienne, mais qui n’est pas nécessairement celle du milliard d’hommes et de citoyens qu’on classe habituellement sous l’appellation « catholiques » dans les statistiques des atlas religieux.

Tout ceci ressemble à s’y méprendre à la transformation d’une grande entreprise, qui se retrouverait en situation de disruption face à des startups dynamiques et qui ne portent pas en elles la lourdeur d’un legacy system. Reste à espérer que cette nouvelle vocation (ce nouveau business model) ne va pas fermer autant de portes qu’elle est supposée en ouvrir parce que, pour le moment, la situation de la foi catholique ressemble à celle du paganisme romain lorsque Théodose promulgua son fameux édit (l’Edit de Thessalonique). Les Païens n’ont pas été persécutés par les empereurs chrétiens, parce qu’ils ont tout simplement cessé d’exister, plus personne ne croyait à Jupiter ni à Apollon. Et c’est bien ce qui semble arriver au Catholicisme, sans crédo, point d’Eglise.

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