8 milliards d’Humains pour quoi faire ? Avec Jacques Véron, Directeur de Recherche à l’INED

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Aucune espèce de la taille (et des besoins) de l’Homme n’a été autant représentée sur Terre. La révolution néolithique, l’exploitation des énergies fossiles, la révolution agraire des années 1950 et les progrès de l’hygiène et de la médecine ont permis ce chiffre inouï de 8 milliards d’humains, ce qui a les conséquences qu’on sait sur la disparition des habitats naturels, la biodiversité et le climat. Dès lors, des individus, des couples, des familles envisagent, soit de pas avoir d’enfant, soit de réduire leur nombre, en renonçant par exemple à un second ou à un troisième enfant.

Mercredi 10 avril, nous interrogerons Jacques Véron, directeur de recherche à l’Ined, et nous lui poserons les questions suivantes ;

Est-il légitime qu’une seule espèce de la taille de l’Homme soit représentée par 8 milliards d’individus ? Doit-on accepter qu’il y ait 1.4 milliards de Chinois et qu’il ne reste que 40 panthères de Chine (panthère longibande) ? Cette situation n’est-elle pas immorale ? Scandaleuse ? Effrayante ?

Quel sens peut-on donner à ce chiffre de 8 milliards d’Humains ? Comment le penser, se le représenter ou simplement vivre avec ?

Jusqu’à quelle limite de densité la vie économique est-elle possible ? Premier exemple : l’Egypte, qui est passée de 18 millions d’habs en 1945 à presque 100 millions en 2018. Or, le territoire utile de l’Egypte représente 2km de part et d’autre du Nil, plus le delta et le Fayoum, ce qui donne une densité de 2.600 habs/Km2. Quel peut être l’avenir d’un pays à ce point “surpeuplé” (et qui vit une contre-transition démographique) ? Les Egyptiens peuvent-ils se projeter dans l’avenir ?

Deuxième exemple, les Philippines. La population des Philippines était de 3 millions d’habs à l’arrivée des Espagnols, 7 millions en 1900, 18 millions en 1918 et plus de 100 millions en 2020. Peut-on considérer cette progression comme “folle” ? Doit-on s’en inquiéter (la densité humaine génèrerait misère, violences et émigration) ?

Population & environnement : comment les spécialistes des populations évaluent-ils l’impact direct du nombre (d’Humains) sur l’environnement ?

Nous dirigeons nous vers un monde sans autres formes de vie que les Hommes et les animaux domestiques qui leur sont utiles ?

Existe-t-il des projets (incluant des projets “fous”) de réduction de la population mondiale ?

Pourquoi certains pays européens (Espagne, Portugal, Italie…) ont-ils un taux de fertilité de 1,3 enfant par femme, alors qu’ils ont été des pays d’émigration lorsqu’ils connaissaient la misère ? Qu’est-ce qui explique la disparition de la “famiglia italianna” ? Peut-on considérer que les pays qui ont 1,3 enfant par femme ont renoncé à vivre ?

Les populations européennes (et états-uniennes) ont peur des migrations. Lorsque nous disons que nous devons accepter des migrants parce que nous n’avons pas suffisamment d’enfants, n’est-ce pas la définition même du “grand remplacement” ?

Que représentent numériquement les couples/individus qui renoncent volontairement à avoir des enfants ou prennent la décision d’en limiter le nombre pour des raisons environnementales et idéologiques ?

Comment les hommes et les femmes vivent-ils la maternité à l’aube du réchauffement climatique ? Comment se comporteront les couples lorsque le réchauffement et la déplétion énergétique exerceront une pression et une peine physique réelles (étés caniculaires, sécheresses, restrictions de consommation) ?

A-t-on des exemples historiques de ce que devient la fertilité face à d’autres grandes crises qu’a pu traverser l’Humanité (effondrement des civilisations de l’âge de bronze, chute de l’Empire romain, Biafra…) ?

Rendez-vous semaine prochaine pour l’interview sur notre chaîne Youtube.

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