Extinction-Rébellion, que penser des mouvements activistes proclimat ?

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Des militants qui bloquent la circulation dans Londres, des lycéens qui décident de faire la grève des cours une journée par semaine, des activistes qui créent une organisation internationale de type Greenpeace focalisée sur le climat et une jeunesse qui a peur, et qui reproche à ses ainés et aux gouvernants de ne pas avoir pris conscience des enjeux du réchauffement climatique.

Les années qui viennent devront ainsi compter sur une nouvelle forme d’activisme lié au climat, dont les opérations coup de poing vont se multiplier.

Loin d’apporter leur soutien à cette nouvelle dynamique, les médias traditionnels adoptent une attitude retenue : ils les couvrent peu ou à minima et, pour certains d’entre eux, ils dénoncent même le petit nombre de leaders qui a pu émerger de ces mouvements, dont la jeune Greta Thunberg, souvent qualifiée d’immature, voire de gauchiste.

Or, dans le même temps, le consensus des climatologues vient de gagner un demi-point ; nous étions sur une augmentation des températures moyennes de 3,5°C si les accords de Paris étaient respectés, nous sommes désormais sur +4°C. Et +4°C ce n’est pas simplement une « tendance », c’est une immense catastrophe pour l’ensemble du vivant.

Dès lors, qui est irréaliste, qui est immature ? Des jeunes qui veulent continuer à vivre ou des groupes sociaux traditionnels, qui veulent continuer à consommer et à produire ?

Ce qui se passe dans la population trouve son parallèle dans les médias. Nous avons d’un côté des jeunes, qui prennent leurs responsabilités sur des sujets qui les concernent au premier chef et, de l’autre, des aînés qui veulent poursuivre leur existence comme ils l’ont toujours menée.

Côté médiatique, que des supports comme le Nouvel Obs, CBS ou MSNBC souhaitent continuer à couvrir, et à soutenir, la théorie du genre, le droit des transsexuels ou le « complot russe » plutôt que de focaliser leur attention sur les défis majeurs n’est pas surprenant. Ces médias sont les aînés et, comme la génération des 50/60 ans, ils sont challengés par de nouveaux channels indépendants, qui prospèrent sur Youtube. Avec leurs millions de vues, The Jimmy Dore Show, The Majority Report ou The Young Turks secouent la vie politique américaine. David Packman, un des « thought leaders » les plus écoutés, a tout juste 33 ans.

La scène politique elle-même voit s’affirmer des leaders beaucoup plus jeunes, qui tranchent avec les dirigeants auxquels nous avions été habitués. Emmanuel Macron a tout juste 40 ans, Pedro Sanchez 47, Mark Rutte, le Premier Ministre néerlandais 52, et l’espoir du Parti démocrate américain Pete Buttigieg en a 38. Un Chirac de 75 ans, affaibli par un AVC, un Mitterrand de 79 ans miné par un cancer, ou un Berlusconi gominé sur talonnettes n’auraient plus leur place à l’aube des années 2020.

Nous assistons donc à un changement de paradigme où la jeunesse, qu’elle vive à Londres, à New York ou à Alger prend en charge son destin. Ceux qui ont connu les trente glorieuses ne pouvaient pas conduire un monde – qui bientôt ne les concernera plus – à sa rédemption.

Quant aux activistes, il va falloir s’y habituer, parce que l’activisme est une nouvelle forme d’expression politique très en vogue et efficace. Ils sont les plus visibles, mais ils ne sauraient cacher les bouleversements politiques et médiatiques auxquels nous assistons, et dont la tâche consistera à sauver ce qui peut encore l’être. Et nul ne sait si nous pourrons sauver l’essentiel.

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