L’amour au temps du réchauffement climatique

350
Woman and a man with gas masks

Amour & crise ? 

Les + 4°C d’augmentation des températures moyennes annoncés par les climatologues mèneront à une situation sans espoir pour une très longue durée (il faudra 10.000 ans pour résorber les excès de CO2). Les collapsologues sont nombreux à pronostiquer une crise générale : une crise alimentaire, sanitaire et sociale, une crise énergétique et une crise écologique majeure caractérisée par un effondrement brutal des écosystèmes, à l’échelle de la biosphère. Le monde est en train de basculer dans un avenir hostile parce que notre obstination à tirer profit de la planète au-delà de ses limites a déclenché des effets indirects dramatiques qui vont jusqu’à menacer notre existence.

Que deviendra le sentiment amoureux quand on ne pourra plus faire de projets ? L’amour suppose-t-il une stabilité politique, voire une forme d’insouciance ? Comment les jeunes couples pourront-ils envisager leur vie future dans un monde où la survie de l’espèce humaine est menacée ? Les Hommes s’adapteront sans doute, et l’amour perdurera toujours, comme il a perduré en temps de guerre ou de crise politique, mais quelle forme prendra-t-il ?

La guerre a bouleversé l’amour et les rapports entre hommes et femmes. L’urgence et les drames de la guerre ont par exemple fait s’estomper les limites morales. La solitude a entraîné le recours à la prostitution parfois clandestine et organisée. Pour les soldats, l’omniprésence de la mort fait resurgir l’urgence de vivre et de profiter de la vie. En sera-t-il de même dans le futur ? Les relations seront-elles basées sur le sexe et non plus sur un amour qui s’inscrit dans le temps ? La pression psychologique force les hommes à chercher un défouloir. Il y avait une certaine tolérance pour leur conduite. La guerre et notamment la massification de la correspondance a transformé les normes qui régissent les relations conjugales. Les périodes de violence et d’horreur n’empêchent pas d’aimer comme l’illustrent les nombreuses lettres de soldats à leurs amantes, mais il est certain qu’elles redéfinissent les rapports humains.

On peut également se demander si nous continuerons de faire des enfants, de peur qu’ils n’aient qu’un avenir malheureux. Nous étions 2 milliards en 1950, nous sommes 7,6 milliards en 2017, nous pourrions être 11,2 milliards en 2100. Les “Ginks” refusent déjà la maternité au nom de l’écologie (Green Inclination No Kids), mais d’autres ont simplement peur de ce que pourraient subir leurs enfants s’ils choisissent d’en avoir. Pour Frank Fenner mais aussi pour Stephen Hawking nous avons déjà scellé le destin de l’Humanité : dans moins de 100 ans, les sociétés humaines auront disparu. Le collectif VHEMT (Voluntary Human Extinction Movement) et sa version francophone, le Mouvement pour l’Extinction Volontaire de l’humanité, considèrent que la disparition d’Homo Sapiens constitue finalement une alternative pleine d’espoir à l’extinction de millions d’espèces de plantes et d’animaux.

Un impact sur le désir d’enfant ?

Se demander si nous serons capables d’aimer et de vivre en couple dans une période d’effondrement revient à se demander si les hommes sombreront dans une guerre permanente pour assurer leur survie, (on peut penser à la famine du “Grand Bond” en avant qui provoqua du cannibalisme sur une grande échelle : les familles échangeaient les enfants pour les manger), ou si les hommes parviendront à s’entraider. On peut imaginer que les couples auront toujours des projets, mais ils différeront de ceux de leurs parents : il ne s’agira plus de penser au mariage, aux enfants, à posséder une belle voiture, à construire une maison avec piscine ou encore voyager autour du monde, mais d’espérer mener une vie sobre et un minimum confortable.

Mais cet objectif plus modeste sera-t-il encore envisageable ?

Nous interrogerons prochainement le philosophe et sociologue Alexandre Duclos et nous lui poserons cette question :  L’amour survivra-t-il au réchauffement climatique ?

Rendez-vous sur notre chaîne Youtube !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here