3 Commentaires

  1. Les risques liés aux réchauffement climatique (+ épuisement des ressources + disparition de la biodiversité + pollution) sont certains et bien connus, les espoirs se fondent toujours sur l’éducation des jeunes et les changements de comportements. Le risque est certain, la solution floue (dans sa mise en œuvre et dans les résultats attendus). Ce sont toujours les leviers de l’angoisse, de la colère ou de la culpabilisation qui sont mobilisés. Leviers individuels toujours, où sont les leviers collectifs (en dehors des pétitions type l’affaire du siècle) ?
    La capitalisme remet constamment en cause les attachement de la vie ordinaire et « déterritorialise » les individus (Deleuze / Guattari L’anti-Œdipe 1972 cités par Daniel Cohen) ; il faut faire émerger de nouvelles formes d’organisation sociales décroissantes.
    Pas des qui se construisent « contre » (Notre Dame des Landes) mais des qui ne nourrissent « pour » et avec la société et qui permettent une transition : comment décroissance ne rime pas avec rupture et/ou ennui ?
    Que proposer de positif et de collectif à faire ensemble ? Quels modèles d’organisations sociales décroissantes ? car arrêter de manger de la viande , de consommer, de voyager, de se déplacer ; c’est toujours arrêter de faire quelque chose, c’est proposer de disparaitre, de s’effacer. Le cheminement que cela suppose est trop exigent et irréaliste, ou table sur une dictature, verte, bien sûr.
    Que commencer ? Dans quoi engager son énergie ?

    Dans quels endroits ces question se pense ? et quels en sont les penseurs ? Les pistes sont l’ESS, les territoires…, mais cela ne fait pas système.
    Jean-Marc Jancovici commence à présenter le réchauffement climatique comme une opportunité de mobilisation des qualités des ingénieurs français à désigner des systèmes d’optimisation sous contraintes. Superbe changement de pied. Quel est l’équivalent pour le monde social ?
    La vidéo de Claude Obadia (causa mundi) est très utile car elle fait bien le tour du sujet et fixe bien les idées : fin de la religion, fin du politique, divertissement et mur. Mais il ne répond pas à la question qui est celle de l’objectif de vie (ou en tous cas les 2 réponses qui sont « sourire car on a rien à perdre – de l’enfant indien » et « survivre dans le conflit généralisé à venir ») ne sont pas opérantes. Tous bouddhistes, tous immobiles ? pas possible.
    Merci de vos retours
    Frédérique Bouvier

  2. Totalement d’accord avec l’analyse de Frédérique Bouvier. L’actuel mouvement climat et ses diverses composantes (dans les pays occidentaux) s’élève essentiellement « contre ». Contre Le réchauffement climatique, le capitalisme, l’inaction politique, la république des pollueurs, le manque de communication, l’aveuglement des concitoyens… Cela fonctionne au Royaume Uni où les parlements de 4 pays ont récemment déclaré l’État d’urgence climatique. Cela peut-il créer un effet boule de neige dans d’autres pays d’Europe ou du monde. Cela sera-t-il suivi d’actes concrets ? En tout cas c’est une avancée.
    Pour entraîner des changements plus profonds et pour éviter l’essoufflement du contre il est en effet nécessaire de proposer quelque chose. Une vision d’un ou plusieurs avenirs et du chemin qui y mène. A l’instar des diverses composantes du « contre » il existe de nombreuses initiatives qui réfléchissent à un avenir décarboné; Parmi les plus médiatiques en France : « Demain » de Cyril Dion qui décrit des formes d’organisations différentes. Le mouvement des colibris qui organisent un peu partout en France des communautés résilientes. Le livre « une autre fin du monde est possible » de Pablo Servigne (https://youtu.be/dFUMQzYtYK4). On peut citer aussi Rob Hopkins et son mouvement des villes en transition. Nul doute que d’autres propositions vont émerger dans les prochaines semaines…

  3. Il y a un profond mal-être à vivre quand le décor semble devenu un artifice parce que le sens a disparu. Nous avons vécu dans l’illusion du tout est possible parce que le génie humain devait pouvoir s’affranchir des limites imposées par la nature. Et plus nous approchions de ces limites, plus notre propre appréhension du monde donnait à croire qu’elles s’éloignaient. La faim reculait. La mortalité infantile chutait. Les pays précaires devenaient plus forts et nous, occidentaux, pouvions nous satisfaire d’avoir tout réussi. Le communisme et son arbitraire était tombé. L’Europe était unie. Le monde “libre” toujours plus vaste, accueillant les hordes de classes moyennes de tous pays, avides de loisirs et de consommation.
    Et tout prit fin.
    Non pas brutalement. Non pas par surprise. Mais définitivement.
    C’est cette irrémédiable qui pénètre le coeur et l’âme. On voudrait encore espérer et on ne doit plus, même si l’on peut. Nous voilà embarqués pour un naufrage. Et notre misère n’est pas notre damnation mais celle que nous offrons à nos enfants.
    Nous sommes orphelins de l’avenir de nos enfants.
    Que faire de cette angoisse ?
    Se replier en groupes autonomes résilients comme le sermonnent des collapsologues avertis. Attendre la fin. Croire dans l’action collective. Laisser la main aux plus jeunes. Il faut d’ores et déjà en parler, répéter, éduquer, pour que les tenants du jusquauboutisme de la croissance soient disqualifiés. Il faut repenser la gouvernance certainement et donc lutter pour cela. Il faut changer les basiques, énergie, alimentation, mobilité. Il faut aussi interdire ce qui n’est plus acceptable. Il faut donc revoir les priorités d’investissement et abandonner le courtermisme. Et il faut le faire au sein des organisations privées puisqu’elles sont maitres, désormais des destinées collectives d’un monde capitaliste globalisé.

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