Pourquoi Elizabeth Warren sera la prochaine Présidente des Etats-Unis

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Les personnes qui s’intéressent à la politique américaine focalisent actuellement leur attention sur le défilé des candidats à l’investiture démocrate.

Selon la division actuelle du Parti, nous pouvons distinguer deux groupes : les progressistes et ceux que leurs opposants appellent les « corporate democrats », c’est-à-dire les centristes. Il y a actuellement 21 candidats déclarés, mais quatre sortent du lot. Deux candidats centristes, l’ancien Vice-Président Joe Biden (donné à 31% dans les sondages) et un nouveau venu Pete Buttigieg (actuellement à 7%). Buttigieg possède un profil très original, il est âgé de 38 ans, soit moins de la moitié de l’âge de Biden (78 ans), il est marié à un homme et il est maire d’une ville de 100.000 habitants, c’est-à-dire qu’il n’est ni gouverneur ni sénateur. Côté progressiste, Bernie Sanders fait la course en tête (21%), mais il est lui-même âgé de quatorze mois de plus que Biden. Il est suivi par Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, âgée de 70 ans.

Dans cette course, on aurait pu penser que Pete Buttigieg serait l’élément perturbateur. Présenté comme un surdoué (il a appris le Norvégien pour pouvoir lire des livres rédigés dans cette langue), Buttigieg n’exprime aucune proposition concrète, il se contente d’un discours convenu sur les valeurs du parti, la nécessité de rassembler et une opposition convenue au Président Trump. En dépit de sa jeunesse, le maire de South Bend suit donc la trace de son aîné Joe Biden, et évite toute prise de position sur les trois sujets principaux qui animent la primaire : la dette des étudiants, le green new deal et Medicare for all. Or, cette façon de faire campagne à l’ancienne ne convainc pas et, après un succès initial dû à la surprise, le candidat reste bloqué sur son score de 7%.

L’ancien Vice-Président Biden mène actuellement la course, mais son âge (s’il est élu, il aura 79 ans lors de la prestation de serment) et ses gaffes ne présagent rien de bon. Les sympathisants démocrates vont-ils désigner un homme qui aura 88 ans à la fin de se son second mandat ? Ou, pour le dire autrement, le seul Président en exercice, qui ne pourrait se présenter à un second mandat ?

Côté progressiste, Bernie Sanders marque des points. Sa constance, la force des ses arguments, sa capacité à chiffrer et démontrer toutes ses propositions lui ont attiré une popularité croissante, mais il doit compter sur une concurrente qui porte les mêmes propositions que lui, sans traîner les mêmes casseroles. Comme Sanders, Elizabeth Warren propose un « student loan forgiveness » pour tous les étudiants, dont les parents ont un revenu inférieur à $250.000, elle est favorable au green new deal (la transition énergétique à l’américaine) et elle prône le Medicare for all avec tiers payant, c’est-à-dire la Sécurité sociale à la Française (rappelons que 30 millions d’Américains n’ont aucune protection sociale). Mais à l’inverse de Sanders, Warren ne s’est jamais proclamée socialiste et, si elle est élue, elle n’aura « que » 71 ans lors de la prestation de serment (Sanders en aura 80).

Surtout, Elizabeth Warren est très convaincante et elle ne porte pas le côté un peu caricatural de Bernie Sanders qui, malgré son talent, semble issu d’un autre âge.

Les médias indépendants, qui depuis quinze ans donnent un peu le « la » dans la primaire démocrate, ne s’y sont pas trompés. Ceux qui soutenaient Sanders (TYT, David Packman, Jimmy Dore…) basculent tous vers Elizabeth Warren. Alors faisons un pari, que nous ressortirons dans un an-et-demi ou que nous omettrons de mentionner : Elizabeth Warren sera la prochaine Présidente des Etats-Unis.

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