Sciences : beaucoup de découvertes, aucun schéma d’ensemble

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Tous les chercheurs du monde, quelle que soit leur spécialité, travaillent sur un même domaine : le réel.

Un physicien des particules, qui étudie les effets quantiques, travaille sur des particules élémentaires, qui constituent également les molécules d’ADN, qui sont du domaine du généticien, et qu’on retrouve dans les composants élémentaires de la vie, qui relèvent du biologiste. Le photon est le vecteur de la force électromagnétique, mais il est également le vecteur énergétique qui permet la photosynthèse, l’électron est une particule qui obéit aux lois de la mécanique quantique, mais il est aussi le support physique qui permet au cerveau de penser.

Lorsque nous disons que deux particules intriquées restent solidaires, quelque soit la distance qui les sépare, cela a-t-il des conséquences sur la conscience ? Lorsque nous constatons que la gravité se diffuse à la vitesse de la lumière et qu’elle décroît de l’inverse du carré de la distance (comme la force électromagnétique), cela a-t-il des conséquences philosophiques ? Et que peut-on conclure, sur notre propre existence, de vivre dans un univers potentiellement infini, mais très probablement borné ?

Nous constatons que les scientifiques communiquent peu en dehors de leur spécialité. Bien entendu, les cosmologistes et les spécialistes de l’infiniment petit sont obligés de partager leurs connaissances, ne serait-ce que pour comprendre les réactions nucléaires ou tenter d’identifier l’élément constitutif de la matière noire, mais communiquent-ils avec des spécialistes de l’évolution, avec des généticiens ou des philosophes ?

Nous n’avons aucun schéma d’ensemble. Plus nous connaissons de choses sur le réel, moins nous comprenons ce qui fait que nous sommes vivants et conscients, ici sur Terre, dans un univers composé d’un nombre infini de galaxies, né on ne sait pourquoi, il y a 14,8 milliards d’années.

L’objectif de Causa Mundi est précisément de réunir les connaissances de façon interdisciplinaire, de prendre du recul (d’utiliser un macroscope comme dirait Joël de Rosnay) et d’essayer de dessiner un schéma d’ensemble qui fait intervenir toutes les lois de la nature.

Nous sommes actuellement dans l’étape exploratoire, nous interviewons des spécialistes et nous réunissons le maximum d’informations, que nous organisons dans un catalogue vidéo (publié gratuitement sur notre site) et dans un ouvrage de synthèse. Puis, nous produirons des hypothèses, parfois spéculatives, afin de comprendre ce que nous faisons sur Terre, pourquoi nous naissons, nous reproduisons, perdons nos proches et mourrons. Puisque nous sommes si peu de temps sur Terre, puisque nous sommes confrontés à des futurs cataclysmes, cela ne vaut-il pas le coup de se poser quelques instants et de s’interroger ?

Bien entendu, dans la fabrication de nos hypothèses, nous commettrons des erreurs, parfois grossières, nous serons trollés, mais nous nous entourerons d’un conseil scientifique constitué de personnalités réputées pour leur rigueur et leur compétence et, petit à petit, peut-être parviendrons-nous à trouver des explications plus satisfaisantes que simplement : il y a eu le Big Bang, les espèces évoluent ou le modèle standard des particules est constitué de douze éléments de base. Parce que, franchement, s’il en avait treize, cela ne changerait rien à notre passage sur Terre.

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