L’extraction de Pétrole de schiste est un gouffre financier

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3d illustration of barrels with oil

Alors que l’exploitation du pétrole de schiste a transformé les Etats-Unis en exportateur net (ils produisent 11 millions de barils/jour), et devraient en faire le premier producteur mondial dans les cinq prochaines années, les investisseurs perdent confiance dans les sociétés pétrolières, qui se sont crées pour extraire cette ressource.

La réalité est que l’extraction de pétrole non conventionnel est un gouffre, qui s’est exclusivement financé par de l’investissement en capital, rendu possible par les excès de liquidité constatés au niveau mondial. En d’autres termes, les gaz de schiste sont une bulle, comme l’étaient la bulle des subprimes ou la bulle Internet des années 1990.

L’Agence Internationale de l’Energie évalue à $200 milliards les pertes cumulées par les compagnies pétrolières dans ce secteur. En 2018 uniquement, les 33 premiers exploitants américains affichent des pertes cumulées de $8 milliards, et uniquement sept d’entre eux ont présenté des comptes équilibrés.

Ces résultats découragent les investisseurs, qui ont injecté moitié moins dans les sociétés spécialisées dans le gaz de schiste qu’ils n’avaient investi en 2016 ($22 milliards tout de même, en obligations et en augmentations de capital).

Dans le même temps, l’Agence International de l’Energie, connue pour ses positions conservatrices, évoque la possibilité d’une crise pétrolière à horizon 2025, si la production de gaz de schiste n’était pas multipliée par trois. Cette analyse, qui est aussi une prise de position de la part de l’agence, s’explique par la réapparition de la notion de pic pétrolier.

L’agence considère que la production de pétrole conventionnel (qui représentait 75% de la production de pétrole mondial en 2018) a atteint son pic en 2008 à 69 millions de barils/jour et qu’elle devrait poursuivre sa décroissance, sans possibilité d’inverser la tendance.

Si la production de pétrole non conventionnel venait à s’effondrer, du fait d’un éclatement de la bulle, il en ressortirait une crise énergétique majeure.

Le prix mondial du pétrole ($61 le baril) est donc sponsorisé par les investisseurs, comme l’est l’économie américaine d’une façon générale (la dette publique américaine est de $22.000 milliards). On peut ajouter en conclusion que tout cet argent serait bien mieux utilisé, s’il était consacré à la transition énergétique plutôt qu’à la fracturation de roches mères.

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