Pourquoi tant de gens s’obstinent à nier la Science ?

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Les climato-sceptiques, les opposants aux vaccins, les tenants du design intelligent, les partisans de la Terre plate… il semble que de plus en plus de monde en Occident remette en question les connaissances accumulées par la communauté scientifique sur l’Univers et sur la vie.

Il peut s’agir de découvertes récentes, mais aussi de faits établis de longue date, comme l’Evolution ou l’efficacité des vaccins. Quant aux contestataires, il s’agit la plupart du temps de personnes ayant reçu une éducation supérieure, qui peuvent eux-mêmes avoir occupé des fonctions scientifiques (par exemple, Claude Allègre, qui fut Directeur de l’Institut de Physique du Globe).

Quelles sont leurs motivations et quels mécanismes psychologiques se trouvent à l’œuvre pour les mener à nier des faits qui, pour la plupart, sont confirmés par des études nombreuses et démontrés par l’expérience ?

Nous proposons cinq catégories, qui correspondent à cinq motivations différentes (mais non exclusives) :

1- Ceux qui nient les faits pour des raisons religieuses.

Le meilleur exemple est bien entendu l’Evolution et la sélection naturelle, qui contredisent le livre de la Génèse. Mais, on peut aussi citer les Juifs orthodoxes, qui réfutent les découvertes de l’archéologue israélien Israël Finkelstein, lequel a démontré que l’Exode ou les batailles relatées par le Livre de Josué n’ont pas eu lieu, ou encore les Evangélistes américains, pour lesquels tout ce qui est écrit dans la Bible est la stricte vérité. Ce qu’on met dans la tête des enfants est programmé en dur dans leur cerveau, c’est la partie « ROM », ineffaçable, de notre mémoire. Dans les années 1960, Krishnamurti militait pour une prise de conscience immédiate et brutale, qui consistait à rompre avec sa propre éducation. Lui-même avait été identifié bébé pour devenir le futur leader d’une secte indienne et, parvenu à l’âge d’homme, il avait rompu avec cette idéologie et était devenu un anti-guru de la prise de conscience.

2- Ceux qui refusent les conclusions de la science pour des raisons d’intérêt personnel immédiat

La culture climato-sceptique, qui pénètre en profondeur le Parti républicain aux Etats-Unis, est entretenue par des lobbies, dont l’intérêt de court terme est de poursuivre le même mode de vie et le même niveau d’utilisation des combustibles fossiles. Il ne fait aucun doute que les compagnies pétrolières et gazières sont à l’œuvre derrière les prises de positions du Président Donald Trump et de son Secrétaire à l’Energie Rick Perry (ancien gouverneur du Texas). Dans ce jeu dangereux, les partisans du Green New Deal, actuellement en discussion au Congrès des Etats-Unis, sont présentés comme irresponsables et proposant des réformes irréalistes, alors même que c’est la négation de la cause anthropique du réchauffement qui est en contradiction avec les réalités. On peut qualifier ces personnes de salop-rds, sans trop de risques de se tromper.

3- Ceux chez qui la peur prend le pas sur la raison

Manque d’information, peur irrationnelle, réflexe reptilien… Les familles qui s’opposent à la vaccination ou aux transfusions (indispensables dans certaines situations) ne peuvent être classées dans la même catégorie que les climato-sceptiques. La peur est une réaction normale, et se voir injecter un agent étranger dans le corps peut heurter l’instinct de conservation. Ceux là mourront et ne transmettront pas leurs gènes, ils confirmeront donc la théorie de l’Evolution.

4- La lassitude du monde

Un monde où tout s’explique par des lois physiques n’est pas un monde drôle, surtout quand ces lois provoquent des phénomènes désagréables, comme l’irréversibilité des évènements, le vieillissement, l’entropie ou le réchauffement climatique. Il est alors tentant de privilégier l’amusement et de considérer que la Terre est plate ou qu’un dieu en forme de spaghetti (dans la religion pastafarienne) gouverne le monde. Ces personnes ne sont pas de vrais sceptiques, mais d’authentiques plaisantins.

5- La connerie

La connerie humaine, dont Einstein doutait du caractère fini, reste une explication tout à fait valable pour nier les faits scientifiques, et elle ne doit pas être sous-estimée, même chez des personnes éduquées ; Voltaire ne considérait-il pas qu’un sot savant était plus sot encore qu’un sot ignorant ?

Parmi toutes ces personnes, les plus dangereux sont bien évidemment ceux qui privilégient leur intérêt matériel immédiat, parce qu’ils disposent de moyens souvent très importants pour acheter des élus, des scientifiques ou les médias. Eux-aussi seront victimes du réchauffement, ainsi que leurs enfants, on peut donc les classer, non pas dans une, mais dans deux des catégories sus-citées, la seconde étant la connerie.

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