Européennes : les Français n’ont-ils pas voté pour les « meilleurs » (tout simplement) ?

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European Union flag with fabric structure

Les dernières élections européennes laissent la droite et la gauche dans un tel état de délabrement, qu’un retour en arrière vers un bipartisme gauche modérée – droite modérée semble irréaliste.

Les commentateurs politiques ont bien saisi le caractère inédit et durable de la nouvelle configuration et ils débattent à l’envi sur les questions de ligne politique, sans évoquer, ou très peu, la question des hommes.

Or, cette question est essentielle. Si la droite traditionnelle est à l’agonie, c’est tout simplement parce qu’elle a été écrasée par meilleur qu’elle, et de très loin.

Qui pouvait penser que le trio qui dirigeait les Républicains, à savoir Laurent Wauquiez, Brice Hortefeux et Nadine Morano aurait pu sauver les meubles face à Emmanuel Macron ? Et qui peut espérer retrouver un leadership à droite dans la personne de Christian Jacob, Guillaume Peltier ou Geoffroy Didier ?

L’analyse en vogue prétend que le nouveau clivage politique se situerait, non plus entre la gauche et la droite, mais entre les populistes et les libéraux : d’un côté le Rassemblement national et la France insoumise, dont on sait qu’ils ont des passerelles, et de l’autre La République en Marche et les Ecologistes. Entre ces deux blocs, il ne resterait plus rien, sinon des partis incapables de dépasser 10% des suffrages.

Or, ce clivage en cache un autre : celui qui sépare ceux qui ont le niveau de ceux qui ne l’ont pas.

Si les Français ont épargné le Président de la République, c’est parce qu’ils pensent, ou plutôt ils ont constaté, qu’il avait le niveau pour diriger le pays, c’est-à-dire que ses décisions reposaient sur des faits et sur une analyse rationnelle et non sur des préjugés idéologiques. S’il faut intégrer l’écologie, il intégrera l’écologie, s’il faut être ferme avec les Etats-Unis, il le sera, et s’il faut fermer les frontières en cas de crise migratoire majeure, il le fera aussi. Il le fera, non pas parce qu’il serait de droite ou de gauche, mais tout simplement parce qu’il faut le faire. Comme l’a dit Tony Blair devant l’Assemblée nationale française en 1997 : « il n’existe pas une politique de gauche ou une politique de droite, il existe une bonne politique et une mauvaise politique ».

Il faut croire qu’il existe de bons leaders et de mauvais leaders.

A droite, c’est donc cuit, nul ne compte confier son destin à Christian Jacob ou à Nadine Morano. A gauche, c’est cuit aussi, ni Benoit Hamon, ni Raphaël Gucksmann n’ont la capacité de diriger l’Etat. Quant au duo RN/LFI, Marine Le Pen a montré son incompétence lors du débat présidentiel et Jean-Luc Mélenchon n’a jamais prouvé que sa capacité à vociférer et à attaquer verbalement tout ce qui passe à sa portée.

Bien sûr, il reste les écologistes, dont on découvre avec plaisir que, désormais, ils ne sont « ni de gauche ni de droite ». Or, pour exister, l’écologie politique devra s’allier avec un bloc potentiellement majoritaire. Et si nous reposons la question comme nous l’avons fait pendant 40 ans : faut-il s’allier avec la droite ou avec la gauche, c’est cuit aussi, parce que l’écologie n’est ni de droite ni de gauche, elle est la condition de notre survie. On peut donc faire le pari qu’ils s’allieront avec les meilleurs.

Enfin, est-on tenté de dire. Enfin, le clivage qui s’impose est celui qui devrait s’imposer dans toute démocratie : pour qui devons-nous voter ? Ni à droite, ni à gauche, mais pour les meilleurs, tout simplement. 

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