5G et climat : sommes-nous déconnectés des réalités environnementales ?

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Technology 4G go to 5G Men jump over silhouette

Le nouveau réseau 5G promet une efficacité énergétique telle qu’elle changerait drastiquement notre rapport aux technologies et diminuerait leur impact sur l’environnement. Mais cette innovation est-elle nécessaire au développement de notre société ? En avons-nous réellement besoin ?

Le Dimanche 10 mars 2019, dans un post Facebook largement commenté et partagé, l’astrophysicien Aurélien Barrau fustigeait la mise en place de la 5G. Une avancée qui, selon lui, témoigne de l’inconscience des hommes dans leur course effrénée à l’innovation technologique face aux enjeux climatiques. Le fondateur de Doctissimo et défenseur du transhumanisme réagissait aux critiques d’Aurélien Barrau dans un tweet, accusant les collapsologues de nous diriger vers une dictature verte. Mais quelles sont les réelles conséquences de la 5G sur l’environnement ?

Une énergie moins gourmande, mais bien plus utilisée

Certes, elle sera moins gourmande en énergie que ses prédécesseurs. Cependant, on observe un effet rebond : les gains obtenus avec l’efficacité énergétique s’annulent avec l’augmentation des usages. C’est ce que le chercheur Romain Chevillon essaye de démontrer dans sa thèse sur le sujet. Les utilisateurs de la 5G échangeront encore plus de données qu’auparavant, et on imagine bien ce que cela peut entraîner.

L’obsolescence programmée ne disparaîtra pas, bien au contraire

Afin de profiter des avantages offerts par la 5G, nous serons bien obligés de changer nos téléphones. C’est une aubaine pour les constructeurs de mobiles, qui annoncent d’ores et déjà des téléphones aux prix exorbitants, avoisinants les 2000 euros. Sachant qu’à l’heure actuelle, seuls 15% de nos anciens téléphones finiraient leurs jours dans un circuit de collecte.

Un Cloud qui gonflera encore plus vite, et qui pèsera de plus en plus lourd

Comment alléger la facture énergétique tout en augmentant la consommation ? Voici l’énigme à laquelle se frottent les opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile. Faut-il optimiser le traitement des données afin d’éviter de remonter trop d’informations inutiles ? Instaurer un système de “marche et arrêt” sur les portables et les serveurs, comme les voitures, afin d’économiser de l’énergie ? Ces pistes sont loin d’être des solutions miracles face aux conséquences écologiques à anticiper. Si toutefois la 5G ne nuit pas directement à l’environnement, c’est surtout dans ses effets indirects que la problématique se complique : le nombre de Data Center explosera en même temps que la facture énergétique.

La 5G questionne notre rapport aux technologies

Nos téléphones portables sont devenus nos nouveau vade-mecum (livre, manuel, guide ou objet que l’on garde sur soi pour le consulter). Ils sont des outils personnels et professionnels qui se sont rapidement rendus indispensables dans notre quotidien, et nous ne pouvons plus nous en passer. Paradoxalement, nous changeons de téléphone très régulièrement : selon un rapport sénatorial, tous les 20 mois environ. Que deviennent nos anciens appareils ? Dans nos cartons, tiroirs et autres débarras pour la plupart, puisque 15% seulement seraient recyclés.

Faut-il repenser en profondeur notre culture et notre utilisation des technologies ? Peut-on à la fois cesser l’obsolescence programmée et maintenir la croissance économique ? Comment permettre au recyclage d’être au centre de notre économie ? Voilà quelques questions qui pourraient paraître plus “connectées” et urgentes que pose celle de la nécessite de la 5G. Et Causa Mundi les posera prochainement aux principaux concernés.

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